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Dans la vallée de Béni Khalfoune

Publié: août 20, 2016 par Jilal dans Actu, beggass, Beni khelfoune, Culture, histoire

Par@Ramdane Bourahla


Pour être grande et vaste, elle l’est effectivement. Elle s’étend sur une superficie de 500 hectares, soit 5 km2. Beggas ainsi que les villages avoisinants sont connus pour “appartenir” à la tribu des Béni Khalfoune (Ath Khelfoune, avec la consonance kabyle).

Le titre du roman de John Steinbeck, The long valley (La grande vallée) publié en 1938, convient parfaitement à la localité de Beggas, relevant de la commune de Kadiria (nord-ouest de Bouira). Pour être grande et vaste, elle l’est effectivement. Elle s’étend sur une superficie de 500 hectares, soit 5 km2. Beggas ainsi que les villages avoisinants sont connus pour “appartenir” à la tribu des Béni Khalfoun (Ath Khelfoun, avec la consonance kabyle). Selon la légende, cette tribu de marabouts, mais aussi de redoutables guerriers, était particulièrement redoutée par les autres tribus durant l’ère coloniale et même bien avant. Les membres de cette tribu ou aarche avaient la spécificité d’être des gens assez conservateurs et plutôt orgueilleux, frisant même l’arrogance, raconte-t-on. Pour se rendre dans la vallée des Béni Khalfoun, rien de plus simple. Une fois arrivés au chef-lieu de la daïra de Kadiria et précisément devant le siège de l’APC, on doit bifurquer à droite et emprunter le CW48 la reliant à la commune de Tizi Ghennif (Tizi Ouzou). Ce chemin de wilaya est totalement escarpé, étroit et sinueux, mais à notre grande surprise, entièrement bitumé. Devant nous, des oliveraies à perte de vue. Mais hélas, elles sont pratiquement laissées à l’abandon.vv
Qu’elle était verte ma vallée…

En contrebas, on aperçoit ce que fut jadis un immense verger, appelé communément El-Madjen, où les orangeraies, figuiers et autres vignobles constituaient la richesse et la fierté de toute la région. Aujourd’hui, elle n’est plus qu’une vaste décharge sauvage… Soudain, on se remémore un autre roman, de Richard Llewellyn, au titre plus qu’évocateur : How green was my valley (Qu’elle était verte ma vallée…). En effet, cette vallée est désormais laissée à l’abandon. Livrés à la misère et au sous-développement, les villageois de cette bourgade vivent dans l’indigence et la précarité les plus absolues. Ce paradis terrestre s’est métamorphosé au gré des tragédies qu’a connues le pays, et cette région en particulier, en un vaste territoire hostile. Il est vrai que ce hameau d’à peine 5 000 âmes est dépourvu de tout aménagement digne de ce nom et de toutes les commodités nécessaires au bien-être des citoyens. Lors de notre ascension en cette journée estivale, nous avons pu croiser des villageois à l’humeur joviale, respirant la joie de vivre et surtout donnant l’impression d’être satisfaits de leur quotidien. “Cette terre, c’est tout ce que nous avons. Nous sommes contents d’y vivre malgré les aléas de la vie”, dira Rabah, un homme d’un certain âge, mais à l’allure fringante et à l’humour décapant. “Les jeunes d’aujourd’hui ont du mal à tenir leur pantalon, nous, nous avons du mal à l’enlever, tant on est épris par le travail. C’est toute la différence…”, lancera-t-il tout sourire. À Beggas, l’horloge du temps semble s’être arrêtée à une époque qu’on croyait révolue, voire disparue. Celle où il faisait bon vivre. Les villageois ne se soucient de rien ou presque. Les discussions au café du village sont aux antipodes de celles des salons feutrés d’Alger. On évoque la baisse du mercure et l’apparition des premières rosées matinales ou encore de la bonne qualité des figues de cette saison. Des discussions terre-à-terre et tellement rafraîchissantes. Cependant, et au détour d’une ruelle, nous sommes tombés nez-à-nez avec un sexagénaire au visage fermé et aux rides bien marquées. Il s’agit d’ammi Ahmed, un de ces hommes qui imposent le respect par un simple regard. Il fait mine de ne pas nous voir et poursuit son chemin. Interrogé sur son quotidien, il nous lancera d’un air agacé : “Je n’ai pas le temps de raconter ma vie et surtout à des étrangers.” Mais devant notre insistance, aami Ahmed accepta de nous parler de sa situation. “Je vis ici depuis toujours, la misère, la souffrance et le désespoir sont notre lot quotidien, celui de tous le villageois de Beggas”, assénera-t-il. Interrogé sur les commodités dont dispose son village, notre interlocuteur s’arrêtera un court instant, fixera l’horizon et tonnera : “Vous voyez une quelconque commodité ? Moi, je n’en vois aucune. Ni gaz, ni eau potable, ni routes… Tout est à l’abandon.” Avant que nos chemins ne se séparent, ce brave vieux nous dira : “Moi, je suis une vieille carcasse. Si vous voulez, allez voir nos jeunes, ils vous diront combien la vie est dure et impitoyable par ici.”

Ni polyclinique, ni antenne communale, ni…
vvPoursuivant notre périple, nous sommes tombés sur des jeunes du hameau de Thala W Ghanim (source du Roseau), à 7 kilomètres de Beggas. Visiblement intrigués par notre présence, l’un d’eux, Hichem, un jeune chômeur de 24 ans, nous abordera : “Vous, vous êtes de la ville. Ça se voit au premier coup d’œil.” Que venez-vous faire dans ce bled perdu ?” Après les présentations d’usage, ce jeune brun au gabarit impressionnant dira tout souriant : “Hum, un journaliste… Venez voir et tâchez de relater fidèlement ce que vous avez vu.” Puis, il nous invitera chez lui. “Entrez. Voyez par vous-mêmes dans quelle précarité on survit…” Il est vrai que la modeste demeure de ce jeune villageois ne payait pas de mine… Murs en brique, toitures en zinc, le tout s’étalant sur une surface d’à peine 20 m2. Outre son aspect extérieur, cette maison, si on peut appeler cela ainsi, n’avait ni gaz ni eau courante. Bref, une bicoque implantée au beau milieu de nulle part. “J’ai dû quitter les bancs de l’école au BEM pour travailler et aider mes parents. Mes deux sœurs et mon petit frère ont eu beaucoup plus de chance que moi, ils poursuivent leur scolarité au lycée et au CEM”, a-t-il dit avec un certain regret. Son père, un monsieur d’un certain âge et fermier de son état, prendra ensuite le relais, en expliquant qu’à certains moments, il avait songé à quitter cet “enfer”, mais faute de moyens, il s’est finalement résigné à y rester. “La vie ici est impossible. On n’a absolument rien. On vit encore à l’âge de pierre”, dit-il. Et d’assener : “Le temps s’est arrêté à Thala W Ghanim.” Pour d’autres villageois, et malgré le fait que la situation sécuritaire se soit nettement améliorée, il n’en demeure pas moins que les commodités de base restent très en deçà des attentes. “Les infrastructures de base sont inexistantes.

Ni polyclinique, ni antenne communale et encore moins le transport, sans parler des écoles. Nos enfants sont scolarisés soit à Kadiria, soit à Tizi Ghennif (…) Les postes d’emploi, aussi bien à Kadiria qu’à Tizi Ghennif, sont très rares”, soulignent nombre d’entre eux. Pour rappel, les villageois de Beggas avaient, au mois de décembre 2015, interpellé le wali de Bouira par le biais d’une pétition, dans laquelle ils se sont dits “abandonnés et marginalisés”. En effet, les auteurs de cette pétition ont relevé le fait que “le village de Beggas vive dans une extrême précarité”, tout en égrenant les nombreuses carences dont ils souffrent. “L’eau potable se fait toujours attendre, et ce, malgré le lancement en 2014 du projet de raccordement au réseau AEP”, avaient-ils indiqué. Un peu plus loin, les signataires de cette pétition attirent l’attention du wali sur le fait que “le réseau d’assainissement de notre localité date des années 1990 et se trouve dans un état de vétusté des plus avancées”. Des préoccupations qui, à l’évidence, n’ont trouvé aucune écoute.
Notre mère la Terre…
En dépit de ces insuffisances, plusieurs familles ayant quitté leur village natal, durant les années de braise, ont décidé d’y retourner et reprendre le cours de leur vie. Ainsi, des dizaines de familles commencent à “repeupler” les divers hameaux de Beggas à la faveur du retour de la sécurité. D’ailleurs, les terres, longtemps laissées en jachère, sont désormais délimitées par leurs propriétaires en vue de les entretenir et les fructifier. “Après le retour au calme, vers 2008, j’ai décidé de rentrer chez moi, mais je n’avais même pas l’ombre d’un toit pour abriter ma famille. Suite à quoi, j’ai sollicité l’aide de l’État dans le cadre du programme d’aide à l’habitat rural. À ce titre, je tiens à le préciser, j’ai eu toutes les facilitations nécessaires. Et en 2012, je me suis définitivement installé ici et je travaille actuellement dans l’agriculture”, témoignera Saïd, fermier de son état. D’autres villageois déclarent également avoir bénéficié des aides de l’État afin de retourner dans leurs villages. “Vers 1993, au tout début des années noires, nous nous sommes résignés à quitter notre terre natale (…) Aujourd’hui, et Dieu merci, le retour au calme m’a permis de revenir et de travailler ma terre”, indiquera un villageois.

V

oici une photo de Beggas prise vers les années 1940, cette photo a été envoyée par Denis Berthon, petit fils de la famille Broussais qui tenait une ferme aux alentours de Beni Khelfoune au siecle dernier. J’ai déjà parlé dans un précédent post de cette ferme et de sa réquisition de force par le général De Gaulle au début des années 1940 durant sa cachette contre les allemands. La photo est prise probablement depuis le village de Beni Ntass. Parmi les autres photos envoyées par Denis Berthon, j’ai selectionné quelques unes d’une rareté exceptionnelle montrants cette fameuse ferme et la famille Broussais qui a été expulsé de sa ferme par De Gaulle pendant la deuxième guerre mondiale.
beni kalfoune col beggas

Pour des raisons inexplicables de Gaulle ne cite meme pas cette ferme dans ses memoires et ses discours et les historiens n’ont jamais entendus parlé de cette ferme, seules les habitants de notre région et la famille Broussais et De Gaulle lui meme et sa famille connaissent cette cachette historique du général en periode de la deuxième guerre. Ce général était vraiment drole.

La majorité des français pensent que De Gaulle était à Londres de 1939 à 1945, oui certe mais entre autre il était aussi caché a Beni Khelfoune dans la ferme Broussais. Pour l’histoire et en exclusivité et pour la première fois ces photos ont été offertes à notre blog par les Broussais, Merci. VOICI CES PHOTOS.

La forèt de beggas dégage un prfum d’automne,on respire l’air frais…la terre humide…les feuilles tombées sentait le figuier!.

 C’est le 27 ème jour du ramadhan,la nuit du destin (leilet el kadr). mes proches sont reunis dans la maison de ammi mouhouch,j’ai été invitée.donc j’étais là.et j’ai bien profité de ces traditionnelles retrouvailles.
En ce jour sacré les villageois de beni khelfoun, on l’habitude de faire des offrandes d’un plat typiquement locale,on l’appelais (Zemita ou Bsissa).c’est la coutume.la composition de ce plat est un peu variée:de l’orge et des lentilles moulus,et de la viande(autre fois séchée),de la coriande (Kosber),et des boulettes de farine de blé mouillés a l’huile d’olive (le tout cuit ensemble). Ce plat est présent à tous les moments importants dans cette region. Pour dire: la region de Beni Khelfoun est composé de plusieurs villages,les voici: Talaoughanim-Ghedioua-Nadhour-El Madjen-Ath endes-Matoussa-Ouled Amara.

Beni Khelfoune

Etant originaire de Beni Khelfoune, j’ai souvent entendu les vieux dire que Charles De Gaulle, avait une maison aux environs du village.

C

ertains disent que cette maison se trouvait à Beni enntas, dans le lieu-dit:Tazrourt, a 2 km de beggas, (voir encardré) d’autres connaisseurs affirment que cette maison était la demeure d’été de Charles De Gaulle jusqu’au debut des années 50.


D’autre part,plusieurs français nés dans notre région, connaissent de pres cette maison,aller lire leurs temoignages . Parlant de cette maison. « Pourquoi le général n’a jamais fait mention dans ses mémoires? » s’intérroge Ouiza Abidi originaire de Beni Khelfoune. »Mon père said a 86 ans toujours vivant, avec mon grand pere maternelle, Mohamed Chablis ils étaient tous les deux les jardiniers de De Gaule a Beni Enntas », ajoute t-elle.

Historiquement on ne sait pas grand chose sur cette maison,seuls des historiens spécialisés, comme Mohamed Harbi ou Benjamin Stora, peuvent nous éclairir la chose.

De son coté, louis keller , spécialiste et connaisseur de notre region, née à Palestro, affirme sur son site a propos de cette maison, que:

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Afrique du Nord voit débarquer les forces américano-britanniques, Alger devient le siège du commandement Allié, chargé de préparer le débarquement en Europe sous la direction du général Eisenhower, futur président des États-Unis. Elle devient la capitale provisoire de la France, lorsqu’ elle accueille le général de Gaulle qui y constitue, avec le général Giraud, le Comité français de la Libération nationale, y convoque l’Assemblée consultative provisoire, ce qui lui vaudra d’être décoré de la Croix de la Légion d’honneur par le président français Jacques Chirac le 15 août 2004 . Durant cette époque le général de Gaulle, avait fait réquisitionner la ferme « BROUSSAIS » située entre Ouled Sidi-Lakhdar, Beni-Enntas et Tizi-Gheniff, derrière la forêt de Matoussa, où logeaient sa femme et sa fille. On les voyait le dimanche à la messe à Thiers (Kadiria) ou à Tizi-Gheniff . »


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Voici une aquarelle envoyée par Denis Berthon. Cette peinture représente la ferme Broussais réalisé par la grand_mère de Denis Berthon propriètaire de cette ferme et artiste peintre.
Merci à Denis d’avoir offert ce travail en exclusivité à notre blog.

« Ci dessous ce que j’avais chez moi pour le moment: une aquarelle representant la ferme peinte par ma grand mère: »
Denis Berthon le 18/11/2009

Broussais

Ici vidéo filmé a Beni Khelfoune par jilal.

Photo de la ferme Broussais envoyée par Denis Berthon, Cette photo est prise probalement entre entre 1930 et 1940DSC_0098

Descente à Beni Khelfoune
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Jour de paye à la ferme Broussais.DSC_0099

Pause sur la terrasse de la ferme, en second plan on apperçoit les propriètaires de cette ferme en train de réalisé un tableau artistique.Les Broussais étaient aussi des artistes peintres. Voici l’album complet.DSC_0100